Dès le début de cette vaste époque, une véritable révolution dans le domaine de l’écriture fut introduite par l’emploi de la plume d’oie au sein des institutions principalement religieuses, dans des salles spécialement aménagées pour faciliter le travail des moines copistes, dénommées les scriptoriums (ou scriptoria). Le parchemin d’emploi généralisé , devait être traité au tranchant du canivet, réglé au crayon de plomb pour les lignes et l’emplacement des dessins, puis écrit à la plume d’oie et orné d’enluminures réalisées au pinceau. Le recueil, confectionné par l’assemblage des feuillets de parchemin, apanage des communautés de moines spécialisés, pouvait être également constitué par des ateliers laïcs lorsqu’il s’agissait de reproduire des textes profanes. Le type d’écriture, grâce à ce matériel, évolua, allant de la caroline à la bâtarde, en passant par l’onciale et la gothique, afin de constituer autant de rouleaux que de « volumen ». Un peu plus tardivement l’imprimerie mécanisera ces recueils, que l’on dénomme incunables en se contentant dans un premier temps de reproduire fidèlement le travail monastique.
Au niveau de la plume d’oie, il faut signaler que l’écriture arabe ne put du moins à ses débuts, officiellement se satisfaire de ce moyen et resta plus fidèle au calame, instrument tout aussi susceptible de tracer les lettres et demeurant en abondance dans les contrées concernées.
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Le Moyen Age est une appellation qui recouvre une vaste période où s’affrontèrent progressivement le monde religieux et le monde profane. L’écriture témoigne de ces grands mouvements. Le calame (1) s’efface devant la suprématie de la plume d’oie (2) qui trempe son bec dans des encriers dont l’aspect pratique et naturel est privilégié, comme la corne d’un bovin (4). La tablette de cire (5), s’enrichit d’une couverture dont le décor est taillé dans une plaque d’ivoire. L’élément prépondérant réside dans l’enluminure (9) pour laquelle il faut préparer le parchemin (7) grâce à une pierre abrasive, la ponce (8) pour faire disparaître les aspérités, régler la feuille avec un crayon de plomb(3), tailler une plume d’oie ou gratter l’encre pour corriger les erreurs à l’aide d’un couteau (6) fait d’une simple lame emmanchée dans la fente d’un morceau de bois. |